BRAHMA KESA , créée en Janvier 2007 est une association reconnue d'intérêt général
depuis Octobre 2007.

Son objectif est de contribuer à lutter contre la pauvreté au Cambodge.

Elle entend oeuvrer sur le terrain, en milieu rural, en privilégiant efficacité et solidarité.

Bien qu'officialisée
au Cambodge, l'association reste une structure légère composée de membres bénévoles.
L'intégralité des dons est directement dediée aux actions de soutien auprès de 2 villages : Kakoh Kamboth, situe à 1 heure de Battambang et Phnom Chisor à
80 km au Sud de Phnom Penh. 

Elle vient en aide aux enfants, aux personnes âgées et à leur famille.

L'Education, l'Eau, la Santé et la création d'activités économiques sont nos priorités. 

Aujourd'hui, grâce à la générosité des membres actifs ou bienfaiteurs, 50 enfants ,
3 personnes âgées et une école de 250 élèves bénéficient de notre appui.
 
 


 
Avec BRAHMA KESA parrainons des enfants au Cambodge

 

RAPPORT D’OBSERVATION Février 2014

Chers Amis,

Fabrice, un ami de Montpellier qui a suivi en même temps que moi la formation de directeur d'établissement médico-social, m'a suivi dans le dernier périple au Cambodge. Il a souhaité vous faire partager sa vision et son regard sur les actions que nous menons au Cambodge. Fabrice relate ce qu'il a vu. Intéressant et instructif. Prenez 5mn et lisez... Bon Dimanche et bien à vous
Josefa



RAPPORT D’OBSERVATION Actions de l’association BRAHMA KESA

Villages de Kakoh Kambot et Prey Svey


CAMBODGE Février 2014

J’ai abordé ma mission d'observation au Cambodge avec un regard critique.

Je voulais en outre vérifier que les actions envisagées et réalisées par l’association Brahma Kesa offraient toutes les garanties nécessaires pour, d'une part, éviter de satisfaire l'intérêt de quelque personnes désireuses de faire partager leur vision occidentale du développement et d'autre part ne fonctionner qu'au coup par coup sans visons précises du développement dans l'intérêt des populations bénéficiaires.

Concernant notre vision du développement et notre occidentalo-centrisme, il me semble utile en préambule de citer Edgar Morin :

« Le développement est une formule standard qui ignore les contextes humains et culturels. Il s’applique de façon indifférenciée à des sociétés et à des cultures très diverses, sans tenir compte de leurs singularités, de leurs savoirs et savoir-faire, de leurs arts de vivre, présents chez des peuples dont on dénonce l’analphabétisme sans percevoir les richesses de leurs cultures orales traditionnelles. Il constitue un véritable ethnocide pour les petits peuples.

Le développement donne en fait le modèle occidental comme archétype universel pour la planète. Il suppose que les sociétés occidentales constituent la finalité de l’histoire humaine. Produit du sociocentrisme occidental, il est aussi le moteur d’une occidentalisation forcenée. De fait, s’il n’apporte pas nécessairement au reste du monde ce que la civilisation occidentale comporte de positif (droit humains, libertés, démocratie), il charrie inévitablement ses vices. »

J’ai observé en compagnie de Josefa les actions menées aux villages de Kakoh Kambot et Prey Svey

I – L’ECOLE PREY SVEY

Nous avons été accueillis à l’école par la directrice, les instituteurs et les enfants.
Nous avons procédé à la distribution de fournitures scolaire, tous les élèves étaient présents.
Un des premiers questionnements a été la problématique du programme au Cambodge et du choix pédagogique pour les enfants :

Comment intervenir en complément ? Quelles priorités à définir ?

Dans le nouveau programme, ont été intégrés des ateliers d’hygiène et de nutrition. Les premiers à en bénéficier ont été les élèves de l’école PREY SVEY. D’autres ateliers seront dispensés dans les prochains mois à destination des villageoises.

Mme Tep Narin, la directrice, a eu l’excellente idée d’organiser un concours de soupe. Les enfants ont préparé une délicieuse soupe que nous avons pu déguster lors de notre déjeuner. Quatre groupes participaient à la compétition. Bien que la soupe, quelque soit le groupe était exquise, nous avons procédé à la sélection. Parties de joie et de rire !!!

Les notions d'hygiène et de diététique ont été bien intégrées par les enfants.

Le programme soutenu par l’association Brahma Kesa porte ses fruits.

Josefa a été reçue par le responsable régional de l’éducation nationale qui lui a remis un diplôme en remerciements des actions menées par Brahma Kesa.



II – Le village de Kakoh Kambot/ Programme agricole 2014

1- Livraison du cheptel de 15 vaches (objet de l’opération Marguerite 2012) Chaque famille a contribué à l'achat d'une vache moyennant la somme de 50 dollars.

Cette contribution sera désormais la règle dans tout nouveau projet.

Une banque collective autogérée a été mise en place pour impliquer les paysans dans l’achat de vache. Ils ont tous mis 50 dollars pour chaque vache achetée. Chaque bénéficiaire du programme dépose 2000 Rials/semaine (0,50$). Ensuite le compte en banque est alimenté par les ventes qu’ils effectueront (reste à bien définir la part des ventes mise en commun sur le compte).

La banque est très bien gérée par trois personnes (un président, un secrétaire et un trésorier). Il s’agit d’une grosse caisse fermée par trois cadenas. Chacun a une clef pour ouvrir le coffre ; ce qui garantit la sécurité des opérations.
Il est question dans l’avenir de pouvoir ouvrir un compte en banque pour placer cet argent.

Ce système de banque est un très bon moyen d’impliquer les personnes au niveau local et de les rendre actrices du changement (voir en annexe l’exemple de Madagascar)

La difficulté au niveau agricole est de bien associer les agriculteurs et qu'ils s'approprient le projet.

Le prestataire READA est très performant à ce sujet et associe à tous les niveaux les personnes au projet. Pour bien vérifier que chaque projet a un sens, le responsable de READA met toujours en place une période d’expérimentation.

L'accord des populations ne suffit pas ; il faut tester dans la réalité leur engagement et leur capacité à suivre tout le programme.

Nous avons visité un des jardins où a été mise en place un système d’irrigation. Cette expérimentation semble concluante et sera développée prochainement. Le goutte à goutte doit être développé pour tenir compte des faibles ressources en eau durant la saison sèche

Réhabilitation d’un ancien canal

L’idée d’un canal d’irrigation en complément des marres est à l’étude mais quelques zones d’ombre restent à étudier pour vérifier la faisabilité du projet. Dans tous les cas l’accord et la participation financière des personnes concernées est obligatoire avant tout nouveau programme.

J’ai noté que le prestataire READA parlait de bénéficiaire concernant les populations que l’association soutient. Il me semble plus judicieux de parler d'associés. Par contre au regard de l’histoire douloureuse du pays pendant l’époque Khmer Rouge, la notion de coopérative me semble à proscrire. Elle fait trop référence à l’idéologie communiste qui a tant fait de mal au Cambodge.

Il faut à l'avenir vraiment orienter les projets au niveau économique afin de les pérenniser. La question de la distribution et de la transformation est à étudier si nous voulons que les productions locales puissent trouver un débouché et ainsi participer à l’amélioration des conditions de vie des populations concernées.

III Visite des familles

Toutes les familles ont reçu des médicaments, shampoing etc.

Je pense que la distribution de médicaments représente un risque pour l'association.
Il vaudrait mieux favoriser le développement d'un dispensaire ou rembourser des frais médicaux.
Pour le remboursement des frais médicaux, comment procéder ? quels critères, sur quel montant ?

Alain de READA propose une cotisation du groupe (montant à définir) pour prévenir les accidents de santé.

Certaine familles sont parties pour travailler en Thaïlande pour gagner 300$ par mois. Comment éviter cette immigration ?

J’ai pu constater sur place la complexité du suivi des familles soutenus et des enfants parrainés. Il s’agit d’un réel travail social où reste à définir les objectifs, moyens de mise en œuvre et évaluation, ressources nécessaires. La présence sur place d’une personne représentant l’association et assurant ce type de suivi semble indispensable si l’on veut proposer un accompagnement de qualité en lien avec les besoins de populations.

Conclusion

Observer les actions sur place de Brahma Kesa m’ont permis, en premier lieu, de découvrir une vraie ambition humaine d’échanges, de partage et de rencontres dans le respect des différences.

Josefa, présidente de l’association porte ce projet avec beaucoup de savoir faire et de recul.

Le relais sur place du prestataire et d’Alain Ahres apportent la proximité nécessaires.

L’engagement des membres de l’association et l’important réseau déjà développé en France permet les appuis logistiques et financiers favorisant l’émergence de nouveaux projets.

Je pense qu’il faut toutefois rester vigilent à la pérennité des actions de l’association et penser à trouver des solutions de partenariat pour garantir une continuité des projets. Exemple : essayer de passer des partenariats avec les autorités locales dans le domaine notamment de l'éducation et la santé, Brahma KESSA assurant l'investissement, la collectivité assurant le fonctionnement.

Mais aussi réfléchir à des collaborations avec d’autres associations en France ; ce qui démultiplierait les énergies et la portée des projets

Pour finir, je pense intéressant de paraphraser une nouvelle fois Edgar Morin en exposant sa vision du concept de développement/enveloppement comme alternative à notre vision du développement :

« L’enveloppement signifie le maintien de l’insertion dans sa culture, ses communautés, le primat de la qualité poétique du vivre. Le développement favorise l’individualisme. L’enveloppement favorise la communauté. Le développent/enveloppement tend à répondre à l’aspiration de l’être humain à associer autonomie et communauté. »

Lors de mon séjour au Cambodge, j’ai eu le sentiment que Brahma Kesa était sur cette voie.

Montpellier 10 mars 2014

Fabrice HATT,
Directeur d’établissement médico-socia

 
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